L'Arabie malheureuse
L’Arabie heureuse (Arabia Felix) des Romains, correspondait grosso modo au Yemen d’aujourd’hui et devait son nom à des conditions climatiques favorables et aux nombreux trésors qu’elle était censée abriter.
À notre époque il faut plutôt d’Arabie malheureuse, au vu du rapport que vient de publier le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) sous le titre Development Challenges for the Arab Region : A Human Devlopment Approach.
Ce rapport est le fruit des efforts conjoints du PNUD et des Etats de la Ligue Arabe ; il a été commandé par le Conseil des Ministres Arabes du Développement et des Affaires sociales. Le rapport comprend deux parties ; la première est centrée sur le modèle de développement, la seconde sur les défis posés par l’alimentation des populations et la sécurité des individus.
Les conclusions de ces travaux sont consternantes. Environ 40% de la population des 18 pays arabes – soit 140 millions de personnes – vit en dessous du seuil de pauvreté. «Il n’y a pas eu, affirment les auteurs, de réduction des taux de pauvreté au cours des 20 dernières années» et «la proportion de la population souffrant de malnutrition dans les pays arabes n’a pas connu d’amélioration significative depuis 1990».
Le monde arabe affiche le taux de chômage des jeunes le plus élevé de toutes les régions du monde : 25,7% pour un taux de chômage global de 13%.
Le rapport invite les Etats arabes à rechercher un modèle de croissance plus « favorables aux pauvres », soulignant qu’il faudrait créer 51 millions d’emplois d’ici 2020 si on veut empêcher la situation d’empirer.
Encore faudrait-il pour cela que les Etats arabes adoptent un modèle de développement et/ou de société qui soit moins indifférent aux sorts des masses. Le rapport note d’ailleurs que des dans pays comme le Maroc, la Syrie ou le Yémen, les inégalités de sont accrues.
De son côté, l’UNESCO montrait en Janvier dernier que les pays arabes parviennent difficilement à enrayer l’illettrisme. L’analphabétisme touche encore 40% des plus de 15 ans dans ces pays et près de 6 millions d’enfants en âge d’être scolarisés ne le sont pas.
Ce qui est malheureux pour les pays arabes l’est aussi pour le reste du monde. La violence et le fanatisme s’alimentent à la misère des hommes et au sous-développement culturels: les gouvernements arabes sont responsables de l'un comme de l'autre.


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