Le Focus Stratégique Québec 2010
Le 22 avril prochain, quelques centaines de personnes - pour la plupart des décideurs du monde des affaires - vont se réunir à Montréal pour chercher les pistes de solution qui permettront au Québec de faire face à ses principaux enjeux.
Les Québécois, comme dirait Vigneault "ce sont gens de paroles et gens de causeries" et ils ne se privent pas de se concerter tout au long de l'année dans des séminaires, conventions, congrès, commissions, tables rondes, ateliers, retraites stratégiques, "lac à l'Epaule", etc... Les analyses ne manquent pas, mais les recommandations, quand elles ne sont pas trop timides pour être efficaces, sont rarement concrétisées.
Le Focus Stratégique Québec 2010 se veut différent: il est préparé depuis des mois par des chefs d'entreprises (leader de grandes sociétés ou jeunes patrons de PME), des universitaires et des experts.
Chacun a "fait ses devoirs", comme on peut s'en rendre compte sur le sité dédié au Focus Stratégique (http://www.focusstrategique.com/); en suivant des phases préparatoires qui s'inspirent des missions de planification stratégiques que la firme SECOR (co-organisatrice de l'évènement avec la Chambre de Commerce de Montréal) réalise pour ses clients.
Le 10 février les organisateurs donneront la liste des enjeux qui auront été retenus comme prioritaires et sur lesquels les participants à l'évènement du 22 avril concentreront leurs efforts.
Ce jour là, ils veulent que leurs travaux débouchent sur un Manifeste, un plan d'action précis sur des enjeux concrets. La mise en oeuvre des solutions proposées - ou leur enlisement - sera suivie tout au long de l'année 2010, pour être reprise et amplifiée au cours d'un évènement semblable en 2011.
Il est assez rare que le monde des affaires s'engage à ce point dans un projet qui, s'il est à dominante économique, est inévitablement aussi un projet de société.

Le développement de la société québécoise a été extraordinaire au cours des deux dernières générations. Il a fallu pour cela de l'audace et du travail, le tout soutenu par des richesses naturelles exceptionnelles et la proximité de ce qui est encore le premier marché de la planète.
Comme d'autres sociétés développées et confortables, le Québec hésite aujourd'hui entre complaisance et volonté de progresser.
La productivité ici croît moins vite que celle des Etats-Unis ou d'autres pays de l'OCDE. La Chine est passée devant le Canada comme premier pays exportateur vers les Etats-Unis et l'écart se creuse. Alors que la consommation aux Etats-Unis (notre principal débouché) végète, celle des pays émergents augmente, pendant que leur production et leur agressivité commerciale s'envolent.
Alors que "tout va bien" dans ce pays où il fait bon vivre et qui est heureusement protégé des principaux troubles que connaît la planète, "tout va de mieux en mieux" chez les autres : Chine, Inde, Indonésie, Vietnam, Brésil, etc. Tant mieux pour eux, mais le Québec prend peu à peu du retard par rapport à un monde qui va de plus en plus vite.
Pour le moment les signaux d'alerte sont encore faibles et l'autosatisfaction domine. Les gens d'affaires, qui ont autant d'ambition pour leur pays que pour leurs entreprises, sont mieux placés que d'autres pour les percevoir. Ce qui explique sans doute qu'ils s'impliquent à fond dans cet exercice statégique, en insistant pour que la parlotte soit trés vite remplacée par l'action.
Bonne chance à nous tous.
P.S. Même s'il est sincère, ce petit billet n'a pas la prétention d'être objectif. SECOR est mon employeur principal et j'ai la responsabilité du site Focusstratégique.com.


Reader Comments