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<!--Generated by Squarespace Site Server v5.0.0 (http://www.squarespace.com/) on Thu, 04 Dec 2008 18:05:09 GMT--><rdf:RDF xmlns:rdf="http://www.w3.org/1999/02/22-rdf-syntax-ns#" xmlns:rss="http://purl.org/rss/1.0/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/" xmlns:admin="http://webns.net/mvcb/" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:cc="http://web.resource.org/cc/"><rss:channel rdf:about="http://amcarron.net/blog/"><rss:title>Blog</rss:title><rss:link>http://amcarron.net/blog/</rss:link><rss:description></rss:description><dc:language>fr-FR</dc:language><dc:date>2008-12-04T18:05:09Z</dc:date><admin:generatorAgent rdf:resource="http://www.squarespace.com/">Squarespace Site Server v5.0.0 (http://www.squarespace.com/)</admin:generatorAgent><rss:items><rdf:Seq><rdf:li rdf:resource="http://amcarron.net/blog/2008/11/29/guerre-civile-au-nicaragua.html"/><rdf:li rdf:resource="http://amcarron.net/blog/2008/11/29/dingle-ireland.html"/><rdf:li rdf:resource="http://amcarron.net/blog/2008/11/29/higher-education-in-chindia.html"/><rdf:li rdf:resource="http://amcarron.net/blog/2008/11/23/produire-le-monde-pour-une-croissance-ecologique.html"/><rdf:li rdf:resource="http://amcarron.net/blog/2008/11/16/au-lac.html"/><rdf:li rdf:resource="http://amcarron.net/blog/2008/11/16/jardins-dhiver.html"/><rdf:li rdf:resource="http://amcarron.net/blog/2008/10/21/vendredi-fausse-piste.html"/><rdf:li rdf:resource="http://amcarron.net/blog/2008/10/17/acceleration-technologique.html"/><rdf:li rdf:resource="http://amcarron.net/blog/2008/10/13/les-effets-du-credit-crunch-vu-par-le-monde.html"/><rdf:li rdf:resource="http://amcarron.net/blog/2008/10/10/paysage-de-montagne.html"/></rdf:Seq></rss:items></rss:channel><rss:item rdf:about="http://amcarron.net/blog/2008/11/29/guerre-civile-au-nicaragua.html"><rss:title>Guerre civile au Nicaragua</rss:title><rss:link>http://amcarron.net/blog/2008/11/29/guerre-civile-au-nicaragua.html</rss:link><dc:creator>Alain-Marie Carron</dc:creator><dc:date>2008-11-29T02:44:35Z</dc:date><dc:subject>Ecritures</dc:subject><content:encoded><![CDATA[<p><br /><em><strong>1979 - Le texte a &eacute;t&eacute; &eacute;crit avant de rentrer &agrave; New-York, puis maintes fois remani&eacute; depuis. Le titre d'origine &eacute;tait : "Guerra civil: langage de la haine amoureuse</strong></em> "</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Managua&nbsp;</strong> - A quoi ressemble une guerre civile ? A rien sans doute de ce que peuvent imaginer les pays en paix. Chaque pays verse son sang &agrave; sa fa&ccedil;on. Les souvenirs litt&eacute;raires de la Guerre d&rsquo;Espagne, proches par la langue, par l&rsquo;opposition entre conservatisme et d&eacute;sir de progr&egrave;s, sont de peu d&rsquo;utilit&eacute; ici. Bien s&ucirc;r il y a des francs-tireurs embusqu&eacute;s dans les campaniles, des nonnes qui passent des armes aux combattants. Et des enfants de dix ans qui viennent espionner dans les rangs des insurg&eacute;s.<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Mais l&rsquo;atmosph&egrave;re est autre, dans cette Am&eacute;rique du Centre. L&rsquo;indig&eacute;nisme marque cette guerre, dans laquelle une douceur aimable enveloppe la Mort et la Vie, prises dans leur &eacute;treinte: deux chats emm&ecirc;l&eacute;s de rage &agrave; cot&eacute; d&rsquo;une jatte de lait.<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Dans les cachots humides du dictateur, il y eut, comme toujours, des corps d&eacute;membr&eacute;s par la torture, jet&eacute;s sur la crasse du sol, poisseux de sang et de sueurs. Et aujourd'hui, en pleine guerre civile, on ex&eacute;cute sans attendre. Mais en pays latino&nbsp; la mort a un degr&eacute; d&rsquo;&eacute;motion que je ne vois pas ailleurs. Le combattant ici a du courage autant qu&rsquo;il faut, mais pas cette d&eacute;termination m&eacute;tallique du Vietcong. Il est pers&eacute;v&eacute;rant dans sa volont&eacute; de tuer, mais pas avec ce tribalisme &eacute;ternel des Afghans ou ce fanatisme de certains musulmans. Je vois autour de moi le mutisme de l&rsquo;indien, ce sens du verbe et du concept du criollo, et un mouvement souple, comme un air de pachanga, qui dit que nous somme au bord des Cara&iuml;bes, o&ugrave; tous les pays sont un peu devenus negritos.<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Une balle entre en sifflant par la fen&ecirc;tre, rebondit sur les murs de la pi&egrave;ce o&ugrave; la famille se terre, &eacute;rafle le front d&rsquo;une femme qui restera marqu&eacute;e pour la vie. Et vient mourir dans la gorge d&rsquo;un enfant qui survivra.<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Ce sont, dans le soleil du matin, des rang&eacute;es de flamboyants aux pieds couverts d&rsquo;un tapis douilles vides. L&rsquo;alliage fait briller la poussi&egrave;re. La mitrailleuse a &eacute;t&eacute; retir&eacute;e. Plus personne dans ce quartier d&eacute;sert&eacute;.<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Un paysan et son fils sur un m&ecirc;me cheval - l&rsquo;un fier de l&rsquo;autre - passant au trot sur un chemin de terre rouge. O&ugrave; est la guerre ?&nbsp; leur demande-t-on. &ldquo; Elle est partie par l&agrave; bas...&rdquo; Le doigt montre le tournant du chemin, rien d&rsquo;autre. <br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Dans ce pays cl&ocirc;t, la guerre choisit ses passages, campe ici, se retranche, s&rsquo;embusque et soudain vous approche. Cette photographe, &agrave; l&rsquo;abri d&rsquo;une barricade: une grenade passer au dessus de sa t&ecirc;te et tombe derri&egrave;re elle, &agrave; quelques m&egrave;tres. Elle saute du mauvais cot&eacute; de la barricade, ce qui la sauvera.<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Un soldat de la Guardia Nacional, &agrave; un barrage. Il arr&ecirc;te une voiture pleine d&rsquo;hommes jeunes, sales et sombres.<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;- &ldquo; Vous &ecirc;tes des sandinistes...&rdquo;<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;- &ldquo; Mais non voyons...&rdquo; La pr&eacute;sence d&rsquo;un &eacute;tranger au volant permet d&rsquo;aborder la crise avec le sourire.<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;- &ldquo; Si, si, je le sais. Mais je veux que tu me regardes bien. Pour que plus tard tu ne m&rsquo;ex&eacute;cutes pas...&rdquo;<br /><br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Les assassins de la Main Blanche, para-militaires, ex&eacute;cuteurs des t&acirc;ches monstrueuses. J&rsquo;ai d&ucirc; voir leur visage dans la rue, l&rsquo;apparence de n&rsquo;importe qui. Mais si j&rsquo;avais vu leur visage de nuit, quand ils ravagent tout un quartier, dans l&rsquo;horreur du cateo, je ne serais pas l&agrave; pour le dire. Ils tuent celui qu&rsquo;ils soup&ccedil;onnent et, s&rsquo;il n&rsquo;est pas l&agrave;, sa m&egrave;re ou sa soeur. Ils emm&egrave;nent dans leurs vieilles voitures am&eacute;ricaines des gens que l&rsquo;on ne reverra jamais. Le journaliste arrive toujours apr&egrave;s, le lendemain matin. Les cases sont ouvertes, il y a dans l&rsquo;air et dans le silence quelque chose de palpable, l&rsquo;effroi, au sens le plus fort du mot. Ceux qui ne se cachent pas restent en lisi&egrave;re du regard, jamais trop pr&egrave;s. Ceux qui viennent &agrave; vous sont presque toujours des indicateurs. On ne pourra pas &eacute;tablir le contact. Et en venant ici, on ne fait qu&rsquo;insulter les survivants.<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Je suis s&ucirc;r que les espions, dans l&rsquo;angoisse, jouissent du vertige de la trahison. J&rsquo;en ai vu un dans le hall de l&rsquo;h&ocirc;tel, plusieurs soirs de suite. Dans cet h&ocirc;tel o&ugrave; se retranchent des notables couillonn&eacute;s par le r&eacute;gime. Ceux qui n&rsquo;ont pas eu assez d&rsquo;argent ou, en plus, pas assez de relations, pour s&rsquo;enfuir. Ils croient encore &agrave; la chance d&rsquo;un avion vers Miami. Ils sont saouls, &eacute;tal&eacute;s dans les sofas rang&eacute;s en demi cercle autour des t&eacute;l&eacute;viseurs. Mon jeune homme leur parle, en confidence, et rit de leurs rares plaisanteries. Et peut-&ecirc;tre n&rsquo;a-t-il m&ecirc;me pas dix huit ans.<br /><br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Trois jours apr&egrave;s, la cage est vide, Somoza a fui son palais pr&eacute;sidentiel, situ&eacute; &agrave; une centaine de m&egrave;tres. L&rsquo;avant garde sandiniste a cern&eacute; le p&eacute;rim&egrave;tre du palais, en incluant l&rsquo;h&ocirc;tel. Quand j&rsquo;arrive, ils sont une dizaine de compas (pour companeros ), bavardant &agrave; cot&eacute; de la Toyota qui les a amen&eacute;. Mon espion est l&agrave;, avec eux, parfaitement &agrave; l&rsquo;aise, toujours aussi bavard. Je m&rsquo;approche. Nous nous regardons. Il sait que je sais. Dans les deux minutes qui suivent il s&rsquo;est d&eacute;gag&eacute; du groupe et s&rsquo;&eacute;clipse. D&eacute;couvert, il &eacute;tait mort.<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Un autre &ldquo;envoy&eacute; sp&eacute;cial&rdquo;, mais du camp des insurg&eacute;s cette fois, rencontr&eacute; une dizaine de jours avant. Dans ce m&ecirc;me h&ocirc;tel, je prends en milieu d&rsquo;apr&egrave;s-midi l&rsquo;ascenseur au cinqui&egrave;me &eacute;tage, pour descendre. Il entre dans l&rsquo;ascenseur au quatri&egrave;me. S&rsquo;adosse au fond de la cabine. Visage d&rsquo;indien, cicatrice sur la joue. Des v&ecirc;tements r&acirc;p&eacute;s. Tout cela ne cadre pas avec l&rsquo;endroit, un h&ocirc;tel qui se voulait hier &ldquo;de luxe&rdquo;. Il a vingt ans, peut-&ecirc;tre. La main droite contre sa poitrine, la main gauche soutenant le coude droit. Je r&eacute;alise soudain ce que tient sa main droite coll&eacute;e contre son corps: une grenade. Impassible, il regarde dans le vide. J&rsquo;essaye de faire un aveugle convainquant. Au second, il sort. La porte se serait-elle ouverte sur un barbouze ou un ministre avec un revolver sous sa veste, et nous finissions tous en chaleur et lumi&egrave;re. <br />J&rsquo;avais su quelques jours avant que les sandinistes cherchaient &agrave; coincer un pilote am&eacute;ricain qui participait &agrave; des bombardements ou des mitraillages des quartiers de diff&eacute;rentes villes. Il &eacute;tait suppos&eacute; r&eacute;sider &agrave; l&rsquo;h&ocirc;tel. Peut-&ecirc;tre mon indien cherchait-il son &ldquo;client&rdquo;.<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;La guerre est partout, mais dans le soir qui tombe, je vois des enfants qui jouent dans un jardin de fleurs. En p&eacute;riph&eacute;rie de la ville, un d&icirc;ner tardif s&rsquo;ach&egrave;ve au roulement irr&eacute;gulier des mitrailleuses, qui travaillent encore, quand on croit tout le monde trop fatigu&eacute; pour tenir debout. <br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Dans la petite maison de campagne, la nuit des dormeurs et d&rsquo;ordinaire berc&eacute;e du chant des criquets et caress&eacute;e par le vent. Cette nuit, le claquement des coups de feu, tout pr&egrave;s, dans la for&ecirc;t qui commence au bout du jardin. Le coeur qui cogne dans notre corps aplati sur la banquette qui sert de lit. Le bruit d&rsquo;une course, de l&rsquo;autre cot&eacute; de la cloison de bois. Et la nuit qui se referme, laissant au sommeil sa chance. Dans cette maison l&agrave;, il y avait au mur un tableau d&rsquo;un m&egrave;tre vingt par deux, repr&eacute;sentant des guerilleros sandinistes, avec leur foulard rouge et noir. Et d&rsquo;autres choses encore.<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;La guerre civile, ce sont ces sutures grossi&egrave;res sur le cr&acirc;ne ras&eacute; d&rsquo;un homme. Des enfants &eacute;clat&eacute;s par des roquettes. Une balle entr&eacute;e dans une &eacute;paule juste sous la clavicule, ressortie dans le dos en ouvrant les chairs au point que la boule de coton du m&eacute;decin y passe au large. Et cet homme, trois jours apr&egrave;s, livide, suintant, mais soign&eacute;. Une dizaine de jours plus tard, je le retrouve, convalescent, sous le porche o&ugrave; dorment les hamacs. Pour chacun, un picotement au coeur quand le bruit d&rsquo;une voiture monte le raidillon. Ami ou Guardia ? Il les a soign&eacute;, ce Fran&ccedil;ais un peu fragile, celui-ci et d&rsquo;autres, pendant des mois. Passant les barrages de gardes nationaux, avec un bless&eacute; assis &agrave; l&rsquo;arri&egrave;re, dont la m&eacute;chante chemise dissimulait mal les pansements. Pour aller voir un docteur en ville.<br /><br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Ce n&rsquo;est pas un temps pour les prisonniers. Un pilote qui est sorti indemne du crash de son avion est jet&eacute; devant la barricade, pour que le tank de ses amis l&rsquo;ach&egrave;ve. Un espion &agrave; la t&ecirc;te tranch&eacute;e &agrave; la machete; ce jour l&agrave; il fallait &eacute;conomiser les balles. Le tribunal populaire (du moins quand il y en e&ucirc;t) acquitte ou condamne. Un guardia fait prisonnier allait mourir, quand on s&rsquo;aper&ccedil;oit que son fils est sur une barricade, &agrave; quelques centaines de m&egrave;tres de l&agrave;. Il part libre. Guerra sentimental.<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Un oiseau au ventre jaune comme un bonbon acidul&eacute; jaillit entre deux fleurs de jasmin. Derri&egrave;res les massifs &eacute;clate la d&eacute;tonation d&rsquo;un P38, petit pet ridicule.<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Ce matin, tel ami qui m&rsquo;a donn&eacute; asile a des ennuis domestiques. Il emploie un solide gaillard qui a la t&ecirc;te pr&egrave;s du bonnet. On vient de le pr&eacute;venir que le gar&ccedil;on est aux prises avec un voisin qui lui a pris son pistolet. Il faut y aller. Les deux furieux sont dans un chemin creux, sans t&eacute;moins. L&rsquo;un veut tuer l&rsquo;autre et cet autre lui dit, en substance: &ldquo; tue-moi connard ! &rdquo; Cela donne un &eacute;trange ballet sur le sable rouge du chemin. Nous tournons tous les quatre au rythme des gesticulations de l&rsquo;homme arm&eacute;, qui a sans doute plus de reproches &agrave; faire que de vrai d&eacute;sir de mort. L&rsquo;employ&eacute; de mon ami, macho&nbsp; comme ce n&rsquo;est pas permis, d&eacute;fie son adversaire &agrave; deux m&egrave;tres, la chemise largement ouverte sur la poitrine: &ldquo;mais tue-moi, connard !&rdquo; On n&rsquo;en sort pas. Ces choses l&agrave; partent facilement. Je me souviens, dans une autre vie, d&rsquo;un ami Marines qui avait voulu m&rsquo;apprendre &agrave; tiret au pistolet. Au retour de la s&eacute;ance de tir, alors qu&rsquo;il s&rsquo;approchait de sa voiture, le coup est parti tout seul, per&ccedil;ant un trou dans le coffre, &agrave; cinquante centim&egrave;tres de l&rsquo;endroit o&ugrave; je m&rsquo;appuyais&hellip; Ici, l&rsquo;ami&nbsp; parvient &agrave; prendre le contr&ocirc;le de la situation et raccompagne l&rsquo;homme arm&eacute; chez lui.<br /><br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;La guerre civile, ce sont des gosses rong&eacute;s de dysenterie. Une odeur de diarrh&eacute;e dans la mis&egrave;re maussade des centres de r&eacute;fugi&eacute;s. Le lavoir pr&egrave;s des latrines et les bless&eacute;s sous les mouches. Une promiscuit&eacute; totale, qui se nie elle-m&ecirc;me et pourtant s&rsquo;&eacute;pouse dans la mauvaise foi. Ce sont des regards et des fr&ocirc;lements, des d&eacute;sirs obs&eacute;dants et r&eacute;prim&eacute;s. Et parfois, un accomplissement, rampant, dans la fausse inconscience des autres, qui font semblants de dormir, et n&rsquo;en peuvent plus de ces fr&ocirc;lements de peau, du souffle &eacute;chapp&eacute;. L&rsquo;humiliation de l&rsquo;homme.<br /><br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Alors que la Guardia remonte la rue principale en mitraillant les fa&ccedil;ades, dans une rue lat&eacute;rale une femme a laiss&eacute; sa porte ouverte et marmonne, &agrave; genoux dans la p&eacute;nombre, au chevet d&rsquo;un cadavre recouvert d&rsquo;un drap. Un groupe regarde un homme &eacute;tendu &agrave; un croisement de rues. Personne ne le reconna&icirc;t. Le sang sur le sol, comme une rigole cuite par le soleil. Ce ne sont pas des morts de Neuilly. Des visages d&rsquo;indiens et des corps massifs. Ou des &eacute;tudiants aux bras gr&ecirc;les. Des cr&acirc;nes osseux de vieilles races indig&egrave;nes. Des boucles noires d&rsquo;ascendance n&egrave;gre. Des jeunes filles, que la mort fige. Comme elles dorment... <br /><br />Des morts &eacute;clat&eacute;s de balles dans une Toyota arr&ecirc;t&eacute;e au milieu d&rsquo;un carrefour, dans le silence et l&rsquo;air alpestre d&rsquo;Esteli. En retrait, sur une butte, une automitrailleuse pointe vers nous son canon. Des cadavres jet&eacute;s au bord du lac, que la chaleur du soleil gonfle et qui puent. Cette odeur l&agrave; est &eacute;paisse et tenace. Le message ind&eacute;l&eacute;bile de l&rsquo;homme crev&eacute; &agrave; l&rsquo;homme debout. La Mort partout, inopin&eacute;e, se donne &agrave; voir. Demain, ton tour ? Ou tout &agrave; l&rsquo;heure en sortant de la ville, notre voiture solitaire sur la route qui monte, et au dessus de nous l&rsquo;avion qui fait des cercles, celui la m&ecirc;me qui, ce matin, mitraillait les bas quartiers.<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Au-del&agrave; de tout, tr&egrave;s loin sur l&rsquo;immense lac qui semble &ecirc;tre du pinolio&nbsp; trop clair, le songe d&rsquo;Ometepe, l&rsquo;&icirc;le autrefois sacr&eacute;e, demeure &agrave; l&rsquo;abri des batailles. Ils y venaient jadis de tous les pays environnants, et m&ecirc;me du Mexique, d&eacute;poser leur idole de terre cuite, offrande au silence des dieux. L&rsquo;&icirc;le roulait dans son humus ces petites statuettes tatou&eacute;es de secrets, ainsi qu&rsquo;une infinie vari&eacute;t&eacute; de tortues de terre et de pierres qui, toutes, tendent leur long cou pour voir venir, avant les autres, la fin du monde. Ainsi parle la l&eacute;gende. Ometepe prot&egrave;ge toujours ses fermiers mis&eacute;rables et ses p&eacute;cheurs, encore plus pauvres, si cela se peut.&nbsp; Sous l&rsquo;eau, les requins d&rsquo;eau douce m&egrave;nent leur guerre depuis la moiti&eacute; d&rsquo;une &eacute;ternit&eacute;.<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;La guerre civile oublie les volcans et leurs d&eacute;jeuners de lave. Quand l&rsquo;un d&rsquo;eux se met &agrave; fumer, on le regarde aujourd'hui avec d&eacute;rision. L&rsquo;homme aussi joue aux fumigations. Le matin il fait sauter une usine, le soir il br&ucirc;le un entrep&ocirc;t.<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Ce sont des temps o&ugrave; l&rsquo;homme rit comme un fou. Rire d&rsquo;avoir eu peur, rire du piment des choses, rire de cet humour morbide qu&rsquo;est le simple fait de survivre. Les explosifs et les d&eacute;tonations, les balles et les bombardements nourrissent le calembour et les r&eacute;parties surr&eacute;alistes. Il se fait une d&eacute;pense infinie de munitions dans la parole des hommes. La Mort, pos&eacute;e comme une mouche &agrave; la commissure des l&egrave;vres, caresse notre salive.<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;On a parfois si peur de mourir. De cette balle invisible qui vient vers nous, peut-&ecirc;tre, pour nous renverser et nous d&eacute;truire. La guerre, c&rsquo;est l&rsquo;attente de la blessure, son anticipation dans le d&eacute;clic du cran de s&ucirc;ret&eacute; d&rsquo;une mitraillette, que le Guardia rel&egrave;ve en la pointant vers nous, &agrave; moins d&rsquo;un m&egrave;tre. Il est seul et il a peur, dans cette zone abandonn&eacute;e la nuit derni&egrave;re par les rebelles, o&ugrave; il n&rsquo;est plus &acirc;me qui vive. Il craint le pi&egrave;ge et la menace inconnue que cachent ces deux &eacute;trangers, le moustachu rigolard et la grande bringue mexicano-anglaise qu&rsquo;il accompagne. S&rsquo;il savait que nous &eacute;tions simplement venus r&eacute;cup&eacute;rer un appareil photo laiss&eacute; dans une maison par une guerrillera&nbsp; sandiniste. Mais on ne peut pas vraiment lui dire. <br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Dans une autre ville, un autre jour, ce sont ces balles qui cassent des cailloux devant vous, &agrave; moins de deux m&egrave;tres, pendant qu&rsquo;une silhouette masqu&eacute;e appara&icirc;t &agrave; une fen&ecirc;tre et fait signe de partir. Et le rouquin de l&rsquo;agence Reuter qui se met &agrave; courir comme un damn&eacute; en jurant qu&rsquo;il n&rsquo;est pas sorti vivant du Vietnam pour crever dans ce trou du cul du monde.<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp; Le sifflement des balles qui franchissent la barricade derri&egrave;re laquelle on court, pli&eacute;s en deux. L&rsquo;onde de choc d&rsquo;un obus de mortier tomb&eacute; &agrave; quelques m&egrave;tres... et rien ne se passe.<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;La peur tombe sur les plus braves, &agrave; l&rsquo;improviste. Ce photographe de Los Angeles, revenu depuis peu d&rsquo;Afghanistan, et qui a travaill&eacute; longtemps au service d&rsquo;urgence d&rsquo;un h&ocirc;pital. Ce matin, alors que nous marchons vers &ldquo;l&rsquo;endroit o&ugrave; &ccedil;a p&egrave;te&rdquo;, il est all&eacute; voir &agrave; l&rsquo;arri&egrave;re d&rsquo;une ambulance, un bless&eacute; qu&rsquo;on emm&egrave;ne. Ce qu&rsquo;il a vu l&rsquo;a rendu malade: &ldquo; Ce type est en &eacute;tat de choc, il va mourir avant d&rsquo;arriver &agrave; l&rsquo;hopital&rdquo;. De toute la journ&eacute;e, il n&rsquo;a pas fait plus deux rouleaux de pellicule. Le m&ecirc;me, deux jours avant, allait o&ugrave; nous ne voulions pas le suivre, et faisait rire les enfants avec son gros cigare et ses sourcils noirs &agrave; la Groucho Marx.<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp; La guerre a-t-elle un pr&eacute;sent ? Elle a un avant, qui est tout comme un jour ordinaire. Et une demi-fin, br&ucirc;lure vive d&rsquo;un &eacute;clat sur la jambe, d&rsquo;une balle effleurante. Ou alors le coup de boutoir de l&rsquo;impact, final. C&rsquo;est peut-&ecirc;tre l&agrave; son pr&eacute;sent. Qu&rsquo;il vienne si il doit venir. Mais pas &agrave; moiti&eacute; ou au tiers. Apr&egrave;s le dernier coup de feu, la guerre continuera &agrave; jamais pour les estropi&eacute;s. Personne ne voudrait en &ecirc;tre.<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;La guerre est remplie de silences. Il n&rsquo;y a que dans les films qu&rsquo;elle parade dans un bruit ininterrompu. On voit des hommes en armes et en uniforme traverser la route &agrave; une centaine de m&egrave;tres. Il y a une demie heure, on a vu un groupe de combattants loqueteux, arm&eacute;s pour certains de fusils &agrave; canon sci&eacute;, ou de riot guns, s&rsquo;approcher en se cachant derri&egrave;re des murets de pierre. Pourtant la nature est radieuse, le ciel est bleu, il n&rsquo;y a pas de bruit. Ces silhouettes dans l&rsquo;air muet, c&rsquo;est la guerre qui passe. Les rafales qui jailliront dans un instant le prouveront. Le coeur qui bondit aussi.<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Il faut dire la douceur de ce pays, o&ugrave; les plantes grandissent sur un simple clin d&rsquo;oeil d&rsquo;encouragement. La saveur du poisson, quand quelqu&rsquo;un le p&eacute;chait encore, et sa sauce rouge. Le jus de fruit suave et myst&eacute;rieux. L&rsquo;arbre g&eacute;ant que les lucioles balisent. Et la douceur de l&rsquo;air en fin d&rsquo;apr&egrave;s-midi. La guerre est loin. Elle na&icirc;t au contact de la balle. Ainsi, tant qu&rsquo;on fait la guerre c&rsquo;est qu&rsquo;on ne la pas trouv&eacute;e. Et quand on la touche, on n&rsquo;est plus. <br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Pourquoi y a-t-il des journalistes pour couvrir cette guerre civile? A cause du devoir d&rsquo;information ? Bullshit. Les r&eacute;dactions ont besoin de couvrir l&rsquo;&eacute;v&egrave;nement, mais les journalistes qui y vont se font plaisir. Les dividendes de la guerre pour le journaliste, c&rsquo;est cette pouss&eacute;e d&rsquo;adr&eacute;naline au moment du danger, cette course effr&eacute;n&eacute;e entre les ruines, sous le grondement de l&rsquo;avion qui menace, ces moments de gr&acirc;ce furtive quand une jeune fille vous sourit, oubliant sa peur. <br /><br />Il y a les super-pros, les envoy&eacute;s de Newswek ou du Washington Post. On les voit peu, ils sont occup&eacute;s &agrave; chaluter des tonnes d&rsquo;information, avec l&rsquo;aide efficace de l&rsquo;ambassade des Etats-Unis. Assez peu d&rsquo;engagement physique de leur cot&eacute;, mais un solide travail d&rsquo;analyse&hellip;D&rsquo;autres travaillent &ldquo;en pool&rdquo;, c&rsquo;est &agrave; dire, dans ce cas pr&eacute;cis, en troupeaux; ils &laquo;&nbsp;assurent&nbsp;&raquo;, mais tous leurs plats sont froids. Ceux, aussi, qui ne comprennent rien, ne parlent pas l&rsquo;espagnol, et se font tuer dans l&rsquo;apr&egrave;s-midi, en plein centre vile, &agrave; un barrage. Il y a ceux qui s&rsquo;aper&ccedil;oivent que tout cela n&rsquo;est pas pour eux. Untel, qui est retenu &agrave; l&rsquo;h&ocirc;tel pendant des jours par une colique, plus somatique que virale. Tel autre sera &agrave; Paris un tr&egrave;s bon journaliste, mais ici il perd pied et se r&eacute;fugie dans l&rsquo;ombre du bar et le r&eacute;confort du whisky. <br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Et puis il y a les photographes et des cameramen endurcis. Admirable confr&eacute;rie de f&ecirc;l&eacute;s. Ce sont les moins susceptibles de mentir: ils ne peuvent pas montrer ce qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas vu. Ils jouent tous les jours &agrave; la roulette russe, en essayant de limiter les risques. Ce photographe fran&ccedil;ais, sous contrat pour Time, qui ne faisait pas dans la photo pos&eacute;e apr&egrave;s coup, mais cherchait s&eacute;rieusement &agrave; ne pas trop jouer avec le danger. Il a travers&eacute; la guerre civile du Nicaragua sans accident. Deux mois plus tard au Salvador, o&ugrave; tout &eacute;tait beaucoup plus dur, il &eacute;tait tu&eacute; malgr&eacute; son gilet pare-balles. Et puis il y a les chevaux-l&eacute;gers de la presse &eacute;crite, sans logistique et sans moyens, qui collent &agrave; leurs copains photographes pour rester dans le r&eacute;el, se font pr&ecirc;ter des voitures pour pouvoir parcourir le pays (pardon au propri&eacute;taire de la Coccinelle qui n&rsquo;a pas tr&egrave;s bien v&eacute;cue la travers&eacute;e d&rsquo;un foss&eacute; antichar) et d&eacute;m&eacute;nagent &agrave; la cloche de bois parce qu&rsquo;ils n&rsquo;ont plus d&rsquo;argent pour payer la note d&rsquo;h&ocirc;tel. <br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Il fallait cette conjonction d&rsquo;un pays tout petit, d&rsquo;une arm&eacute;e r&eacute;guli&egrave;re laissant les journalistes franchir les lignes dans les deux sens (quitte &agrave; en mitrailler quelques uns au passage les jours de mauvaise humeur) pour que les dilettantes aient encore leur chance. <br /><br />Peu apr&egrave;s le d&eacute;but de l&rsquo;offensive g&eacute;n&eacute;rale des insurg&eacute;s j&rsquo;eu la mauvaise surprise de tomber sur un groupe arm&eacute; qui venait de d&eacute;valiser un commerce et qui a r&eacute;quisitionn&eacute; ma voiture et, par voie de cons&eacute;quence, tout ce qu&rsquo;il y avait dedans. C&rsquo;est &agrave; dire tout ce que j&rsquo;avais. Heureusement, ils m&rsquo;ont laiss&eacute; mon pantalon et, dans la poche arri&egrave;re de celui-ci, ma petite provision de dollars. Ce furent deux mois pass&eacute;s libre comme l&rsquo;air et sans bagage, mais un peu expos&eacute; quand m&ecirc;me, car incapable de justifier de mon identit&eacute;. Ob&eacute;issant aux instructions re&ccedil;ues, l&rsquo;ambassadeur de France avait ferm&eacute; l&rsquo;ambassade et &eacute;migr&eacute; au Costa-Rica. Quand il est revenu, il m&rsquo;a fort obligeamment offert l&rsquo;un de ses costumes, pour faciliter mon retour vers la &ldquo;civilisation&rdquo;. <br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Avec tous ces zozos, les m&eacute;dias assurent une couverture qui n&rsquo;est pas trop mauvaise, si ont tient compte du fait que pour l&rsquo;ensemble de la plan&egrave;te, ce pays est per&ccedil;u comme une crotte de mouche. <br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Sur le terrain en revanche, il n&rsquo;y a pas besoin d&rsquo;&ecirc;tre extra-lucide pour comprendre que nous ne sommes&nbsp; que des promeneurs du Dimanche. Tous nos t&eacute;moignages, les plus attentifs, resteront &eacute;ternellement &eacute;trangers au destin des hommes dont ils parlent. Une apr&egrave;s-midi dans une petite ville o&ugrave; l&rsquo;affrontement est imminent. Le combat qui s&rsquo;approche, tout le monde le sent venir. Le silence devient dense, la tension monte, les gens disparaissent. Nous tournons en rond, cherchant &agrave; deviner d&rsquo;o&ugrave; viendront les forces r&eacute;guli&egrave;res, quelles sont les rues qui nous permettront de nous d&eacute;gager au dernier moment. <br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Conversation avec un homme en maillot de corps, debout devant sa maison. <br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;- &ldquo; Ils vont arriver par l&agrave;, n&rsquo;est-ce pas ?&rdquo; <br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;- &ldquo; Sans doute. Et vous vous allez partir. Vous les journalistes vous partez toujours. Et nous on est l&agrave;. Il y en a qui vont mourir. Et vous vous serez partis.&rdquo; <br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Il avait raison. Notre justification ne tenait qu&rsquo;&agrave; la connaissance de nos limites et au souci de ne pas se prendre au s&eacute;rieux.<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Ainsi nous nous sommes amus&eacute;s comme des potaches du surnom que m&rsquo;avait donn&eacute; mes amis photographes am&eacute;ricains: &ldquo;deep frog &rdquo;. Allusion &agrave; &ldquo;deep throat&rdquo;, l&rsquo;informateur des journalistes du Washington Post dans l&rsquo;affaire du Watergate; le mot &eacute;tant lui-m&ecirc;me une allusion &agrave; un c&eacute;l&egrave;bre film pornographique.<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Ils se demandaient comment j&rsquo;avais pu savoir que les sandinistes allaient lancer une offensive g&eacute;n&eacute;rale et l&rsquo;annoncer&nbsp; dans Le Monde. Apr&egrave;s plus de quinze jours sans v&eacute;ritable engagement arm&eacute;, la plupart des photographes &eacute;taient repartis. J&rsquo;avais essay&eacute; de retenir mes deux copains, Groucho&nbsp; Marx et un irlandais de San Francisco, mais ils avaient d&eacute;cid&eacute; d&rsquo;aller au Costa Rica, pour essayer de prendre quelques portraits d&rsquo;opposants en exil. <br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;J&rsquo;ai pu les joindre le soir &agrave; leur h&ocirc;tel: &ldquo; Revenez, c&rsquo;est pour tr&egrave;s vite&rdquo;. Ils &eacute;taient les premiers&nbsp;; Newsweek et Time ont appr&eacute;ci&eacute;. Un autre photographe, bas&eacute; dans un pays voisin est revenu sur ordre de sa r&eacute;daction, furieux: &ldquo; On m&rsquo;a oblig&eacute; &agrave; revenir parce qu&rsquo;il y a un con du Monde qui a dit que &ccedil;a allait vraiment claquer&rdquo;.<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Ils ont effectivement tap&eacute; fort. Mais si le d&eacute;but de cette toute petite histoire vaut d&rsquo;&ecirc;tre racont&eacute;e, c&rsquo;est pour montrer que les hommes imitent de plus en plus les romans. Dans Managua soumise au couvre-feu, il n&rsquo;y avait plus qu&rsquo;un bar fr&eacute;quentable, celui du grand h&ocirc;tel pr&egrave;s de la pr&eacute;sidence. Cigares, alcools, m&eacute;lange de barbouzes et d&rsquo;affairistes, journalistes et quelques &ldquo;civils&rdquo; venus se changer les id&eacute;es. A la table derri&egrave;re la mienne, trois jeunes nicaraguayens ont l&rsquo;air de prendre la vie du bon cot&eacute;. La jeune femme est plut&ocirc;t tr&egrave;s bien de sa personne. On finit par se parler, on parle encore, on boit davantage. Et on se quitte pour se revoir bient&ocirc;t. Le lendemain, coup de t&eacute;l&eacute;phone, rendez-vous pseudo galant. On sait d&eacute;sormais &agrave; qui l&rsquo;on &agrave; affaire. Il a fallu donner son passeport, qu&rsquo;on nous rend quatre jours apr&egrave;s: &ldquo; Vous &ecirc;tes bien celui que vous dites, vous habitez effectivement &agrave; New York, etc...&rdquo;&nbsp; Arrive l&rsquo;in&eacute;vitable promenade allong&eacute; au fond d&rsquo;une voiture, qui tourne dans la ville. La porte du garage referm&eacute;e, on m&rsquo;am&egrave;ne dans une pi&egrave;ce o&ugrave; je rencontre deux repr&eacute;sentants &ldquo;autoris&eacute;s&rdquo; des sandinistes. Ce seront mes interlocuteurs par la suite et ce sont eux qui m&rsquo;annonceront cette offensive.<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp; Les femmes surtout, dans cette guerre, on l&rsquo;art de changer d&rsquo;emploi. Cette autre maison clandestine de la capitale, dite de &ldquo;s&eacute;curit&eacute;&rdquo;, o&ugrave; l&rsquo;on retrouve une connaissance, sortie d&rsquo;une zone de combat et qu&rsquo;une bonne toilette &agrave; rendu &agrave; l&rsquo;esth&eacute;tique des salons.&nbsp; La jeune fille a aujourd'hui une jupe pliss&eacute;e et les cheveux tir&eacute;s. Elle &eacute;tait ailleurs avant hier, dans un pantalon port&eacute; depuis dix jours, assise par terre, adoss&eacute;e &agrave; la fausse protection d&rsquo;une paroi de bois, arm&eacute;e d&rsquo;un revolver, &agrave; attendre, comme nous, que l&rsquo;avion s&rsquo;&eacute;loigne.<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;O&ugrave; est le risque ? En sortant de cette maison, &agrave; trois blocs de l&agrave;, il y avait une voiture en flamme au milieu de la rue, en plein apr&egrave;s-midi. Les d&eacute;nonciations existent, mais elles ne sont pas fr&eacute;quentes. Un autre jour, dans une autre maison amie, occup&eacute; &agrave; lire des textes dont il serait difficile de justifier la possession en ces temps d&rsquo;intol&eacute;rance. Je les ai avais pass&eacute; aux barrages, cach&eacute;s dans mon jean. Quelle est cette voiture qui approche ? La guerre civile est clandestine. Elle est habit&eacute;e de pseudonymes, de propos &eacute;nigmatiques, de mesures de s&eacute;curit&eacute; rigoureuses, que certains jours, &agrave; certains moments, on n&eacute;glige compl&egrave;tement. C&rsquo;est une guerre tropicale. La r&eacute;pression est un filet dont il manque un tiers des mailles et la clandestinit&eacute; est parfois &agrave; demi publique.<br /><br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Avant que le couvre-feu ne nous clo&icirc;tre, nous passons dire bonjour &agrave; une Mama. Son mari est g&eacute;n&eacute;ral chez les Guardias, un de ses fils est un guerrillero&nbsp; qui compte. Elle a tous les jours des nouvelles des deux combattants. Les familles importantes, dans ce pays, se cousinent et s&rsquo;allient, et se malm&egrave;nent aussi depuis des g&eacute;n&eacute;rations. Il y a peu de chances que les responsables sandinistes, qui sont en majorit&eacute; fils de bourgeois, une fois au pouvoir, effacent ce mod&egrave;le social. Leur br&eacute;viaire marxiste les y pousse, mais le Nicaragua n&rsquo;est pas un enjeu pour l&rsquo;URSS comme l&rsquo;&eacute;tait Cuba. <br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Les ingr&eacute;dients de cette guerre civile : une avant-garde bourgeoise, une population p&eacute;trie d&rsquo;id&eacute;al latino, qui sert de masse de manoeuvre aux deux camps, des indiens pour se faire tuer, des militaires entra&icirc;n&eacute;s au Panama pour monter des op&eacute;rations impeccables et parfaitement vaines dans une logique de gu&eacute;rilla prolong&eacute;e.<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Ici comme au Guatemala, comme &agrave; Cuba, je trouve un superbe &eacute;lan de r&eacute;volte contre l&rsquo;injustice, qui est vraiment la marque de l&rsquo;Am&eacute;rique Latine. Je vois un admirable courage, le choix de mourir si n&eacute;cessaire, mais je n&rsquo;ai pas d&rsquo;illusion. Mes amis d&rsquo;aujourd&rsquo;hui - la clique de Somoza me r&eacute;vulse - seront demain presque aussi injustes que leurs pr&eacute;d&eacute;cesseurs. Cette lutte pour le pouvoir, ce n&rsquo;est pas qu&rsquo;un id&eacute;al de lib&eacute;ration des oppresseurs, ce sont des histoires de familles et des politiques de familles. Quand nous quittons la Mama, au cr&eacute;puscule finissant, j&rsquo;ai compris deux ou trois choses. Et je ne m&rsquo;&eacute;tonne plus que cet ami fran&ccedil;ais qui m&rsquo;a conduit l&agrave;, et qui fait s&ucirc;rement autant de renseignement que de caf&eacute;, son activit&eacute; principale, vienne si souvent la voir.<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;L&eacute;on, deuxi&egrave;me ville du pays, lib&eacute;r&eacute;e avant la capitale, m&rsquo;a donn&eacute; les premiers signes de la grisaille future. Dans la chaleur oppressante du veranillo&nbsp; - l&rsquo;&eacute;t&eacute; de la saison des pluies - la bureaucratie y protub&egrave;re d&eacute;j&agrave;. Marta, ma coll&egrave;gue anglo-mexicaine, a pass&eacute; sans perdre son calme les dix premiers contr&ocirc;les d&rsquo;identit&eacute; aux barricades. Elle a donn&eacute; ses v&ecirc;tements &agrave; la fouille apr&egrave;s qu&rsquo;on l&rsquo;ait prise pour une espionne parce qu&rsquo;un communiqu&eacute; gouvernemental tra&icirc;nait dans son sac. Au moment o&ugrave; elle va finalement pouvoir partir, le petit gros, le fonctionnaire du nouveau r&eacute;gime, la retient encore, avan&ccedil;ant vers elle un visage qu&rsquo;il voudrait finaud, comme il a vu faire dans les films o&ugrave; l&rsquo;inspecteur d&eacute;sar&ccedil;onne son suspect d&rsquo;une question perfide et de derni&egrave;re seconde: &ldquo; Pour quelle police travaillez-vous ?&rdquo;<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Marta lui flanque une claque &agrave; toute vol&eacute;e (elle a deux t&ecirc;tes de plus que lui), crache une bord&eacute;es d&rsquo;injures et lib&egrave;re, rageuse, sont premier discours politique de l&rsquo;an Un du sandinisme. G&egrave;ne et rires dans une assistance o&ugrave; on respecte toujours le courage. Finir une guerre civile est un apprentissage.<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Managua est prise par les sandinistes. Je les ai vu dans cette interminable apr&egrave;s-midi se rassembler lentement, par petites unit&eacute;s, sur la place qui borde l&rsquo;ancien palais pr&eacute;sidentiel et se retrouver l&agrave;, dans leurs tenues de combat disparates, pour ce rendez-vous qui justifiait toutes leurs souffrances ant&eacute;rieures, et la mort des amis, la douleur &eacute;ternelle des estropi&eacute;s. Ce n&rsquo;est pas une c&eacute;r&eacute;monie dont les journaux ont beaucoup parl&eacute;. Le grand spectacle devait avoir lieu peu de jours apr&egrave;s, sur la place de la cath&eacute;drale, devant la presse internationale revenue (les cent cinquante journalistes apr&egrave;s le d&eacute;clenchement de l&rsquo;offensive g&eacute;n&eacute;rale, se sont retrouv&eacute;s vingt cinq au lendemain de l&rsquo;ex&eacute;cution sommaire d&rsquo;un journaliste de la t&eacute;l&eacute;vision am&eacute;ricaine par un guardia; regonfl&eacute;s &agrave; presque deux cents quand tout a &eacute;t&eacute; termin&eacute;). Aujourd'hui ils &eacute;taient recueillis et las. Les quelques rafales tir&eacute;es en l&rsquo;air qui ont ponctu&eacute; la dispersion de ce rassemblement:&nbsp; un &eacute;clat rire nerveux, pour se lib&eacute;rer de la gravit&eacute; du moment.<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Toutes les usines sont ferm&eacute;es, les administrations sont ferm&eacute;es, les banques sont ferm&eacute;es. En quelques jours, tout ce qui peut &ecirc;tre pill&eacute; le sera. Une ville le ventre ouvert, d&eacute;vor&eacute;e de fourmis noires, qui transpirent sous le sac de riz, le carton de bouteilles de jus d&rsquo;orange. Bient&ocirc;t il n&rsquo;y a plus rien &agrave; prendre et la faim, elle aussi, chemine. Moros y cristianos&nbsp; (haricots rouges et riz blanc) pour tous. De l&rsquo;eau &agrave; discr&eacute;tion, mais elle est ce qu&rsquo;elle est...<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Quelques semaines avant la fin de tout cela, des relations m&rsquo;avaient emmen&eacute; &agrave; une trentaine de kilom&egrave;tres de la capitale, chez un peintre assez dou&eacute; et tr&egrave;s homosexuel. Lui et ses amis, dans leur petite propri&eacute;t&eacute; perdue dans la verdure, passaient d&rsquo;agr&eacute;ables apr&egrave;s-midi dans l&rsquo;eau de leur piscine rudimentaire, qui se trouvait aussi servir de r&eacute;servoir d&rsquo;eau au village voisin. Quelques jours apr&egrave;s la victoire des insurg&eacute;s ils ont &eacute;t&eacute; tu&eacute;s et, m&rsquo;a-t-on dit, horriblement d&eacute;coup&eacute;s en morceaux. Sans doute pas &agrave; cause de l&rsquo;eau. Peut-&ecirc;tre &agrave; cause d&rsquo;une aversion anti-p&eacute;d&eacute;s import&eacute;e de La Havane. Qui sait... Il fallait bien qu&rsquo;ici et l&agrave; se noue le trin&ocirc;me lib&eacute;ration-&eacute;puration-absurde.<br /><br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;Les choses allaient devenir froides et grises. J&rsquo;avais vu les victimes de Somoza et j&rsquo;avais de la sympathie pour ces gens qui s&rsquo;&eacute;taient battus avec courage et de l&rsquo;amour pour ce pays. Mais je n&rsquo;avais pas envie de tenir la chronique des d&eacute;senchantements. Je suis rentr&eacute; &agrave; New York, dans le costume offert par l&rsquo;ambassadeur. Les premiers jours, quand un h&eacute;licopt&egrave;re s&rsquo;approchait de l&rsquo;h&eacute;liport des Nations-Unies, me survolant alors que je regagnais mon appartement, j&rsquo;avais tendance &agrave; me coller contre un mur&hellip;</p>]]></content:encoded></rss:item><rss:item rdf:about="http://amcarron.net/blog/2008/11/29/dingle-ireland.html"><rss:title>Dingle, Ireland</rss:title><rss:link>http://amcarron.net/blog/2008/11/29/dingle-ireland.html</rss:link><dc:creator>Alain-Marie Carron</dc:creator><dc:date>2008-11-29T02:09:30Z</dc:date><dc:subject>Images</dc:subject><content:encoded><![CDATA[<p><span class="full-image-block ssNonEditable"><span><img src="http://amcarron.net/storage/dingle_ireland2.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1227924773302" alt="" /></span></span></p>]]></content:encoded></rss:item><rss:item rdf:about="http://amcarron.net/blog/2008/11/29/higher-education-in-chindia.html"><rss:title>Higher education in Chindia.</rss:title><rss:link>http://amcarron.net/blog/2008/11/29/higher-education-in-chindia.html</rss:link><dc:creator>Alain-Marie Carron</dc:creator><dc:date>2008-11-29T01:54:45Z</dc:date><dc:subject>Economie/Management</dc:subject><content:encoded><![CDATA[<p>I have the pleasure to work for a consulting firm In Montreal that has understood the importance of the BRICs countries. Here is a little paper I wrote for one of the company newsletters</p>
<p><span class="full-image-block ssNonEditable"><span><img src="http://amcarron.net/storage/bandeau_asia.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1227924930601" alt="" /></span></span></p>
<p>As we have seen in a recent SECOR Campus, there are those who BELIEVE and, well, the others. The more I read about higher education in India and China, the more I believe that Chindia is going to drown us under a tsunami of brilliant younf PHD of any possible kind. Why&nbsp;? Because they have the crowd and they try harder. <br />But when will this happen&nbsp;? There I get puzzled, I just don&rsquo;t know.</p>
<p><br />Let&rsquo;s gather some facts. Like everybody,&nbsp; I read and used the 2005 report from the american National Academy of Sciences which findings mesmerized&nbsp; the business and academic community&nbsp;: in 2004, stated the report, China graduated 600 000 engineers, India 350 000 and the US 70 000.</p>
<p><br />It seems right to assume that the definition of what makes an engineer varies greatly between the three countries. And indeed, journalists from the Wall Street Journal an several academics went to India and China to check the facts. The number of real engineers seems to be half of the figure stated above.&nbsp; And among them, if we believe another study produced in 2005 by McKinsey, a small percentage is really up to par with the western engineers and able to work efficiently in our multinational corporations.</p>
<p><br />Good, why don&rsquo;t we relax then&nbsp;? Here is one guy who thinks we should. In his last book &ndash; The Post american World &ndash; an author I admire for the clarity of his thoughts and his apparently exhaustive documentation, Fareed Zakaria, maintains that&nbsp; &laquo;&nbsp;Higher education is America best&rsquo;s industry&nbsp;&raquo;. Born in India, he thinks he can correctly assess Indian capacity in terms of higher education. And what he delivers as his decisive argument is this&nbsp;: &laquo;&nbsp;In India, universities graduate between 35 and 50 PhD&rsquo; in computer science each year&nbsp;; in America, the figure is 1,000&nbsp;&raquo;.</p>
<p><br />But Zakaria gives us a hint on the fact that not all high education institutions are just so so in India. Commenting on some famous engineering academies of India -&nbsp; above all the Indian Institutes of Technology &ndash; he writes&nbsp;: &laquo;&nbsp;Their greatest strength is that they administer one of the world&rsquo;s mots ruthlessly competitive entrance exams&nbsp;&raquo;. I found a confirmation of this last week in a story from the Wall Street Journal&nbsp;that said : &laquo;&nbsp;In April, 310 000 students took the entrance exam to enter the ITT. Only the top 8,600 were accepted&nbsp;&raquo;&nbsp; A mere 2.7 %,&nbsp; that you can compare with the acceptance rate for Harvard or Yale, which is 9 or 10%.<br />The story was about a special kind of private school that prepares Indian students for the ITT exams. 40 000 youngsters trap themselves for two years of intense study in the dusty little town of Kota, in the state of Rajhastan. No fun, just work, from 7 a.m. to 8 p.m. and then homework until midnight.</p>
<p><br />And what about secondary schools in China, just out of curiosity&nbsp;? I could tell you stories my chinese friends told me, but I&rsquo;d rather give you a quote from a nice little piece I read in the New York Times in 2002 (I know, it sounds like ages ago), by a man called Nicholas D. Kristof, who at some point represented Harvard in China to interview High school students applying for admission. That is what he has to say about&nbsp; the N*2 Secondary School in Shanghai, supposed to be one of the best&nbsp;: &laquo;&nbsp;The students live in dormitories, going home only on weekends, an they&rsquo;re mostly studying from 6:30 a.m. until lights-out at 11 p.m. On Saturdays, they attend tutoring classes from 9:40 a.m. 5&nbsp;:10 p.m., and on Sundays they do what one girl, Gong Lan, described as six hours of &laquo;&nbsp;self-assigned homework&nbsp;&raquo;.</p>
<p><br />Spooky, isn&rsquo;it&nbsp;? &laquo;&nbsp;When will this happen&nbsp;?&nbsp;&raquo;, was the question.&nbsp; The answer is &laquo;&nbsp;just a matter of time&nbsp;&raquo;, I believe.</p>
<p><br />Some sources&nbsp;:&nbsp; The Post American World. Fareed Zakaria.&nbsp; Norton, 2008. &laquo;&nbsp;India&rsquo;s cram-school confidential. Eric Bellman. Wall Street Journal, 2008-09-30.&nbsp;&nbsp; &laquo;&nbsp;China&rsquo;s super kids&nbsp;&raquo; Nicholas D&eacute; Kristof. New York Times. 2002-11-22.</p>]]></content:encoded></rss:item><rss:item rdf:about="http://amcarron.net/blog/2008/11/23/produire-le-monde-pour-une-croissance-ecologique.html"><rss:title>Produire le monde, pour une croissance écologique</rss:title><rss:link>http://amcarron.net/blog/2008/11/23/produire-le-monde-pour-une-croissance-ecologique.html</rss:link><dc:creator>Alain-Marie Carron</dc:creator><dc:date>2008-11-23T21:43:20Z</dc:date><dc:subject>Economie/Management</dc:subject><content:encoded><![CDATA[<h2><span style="font-size: 70%;">Dans &laquo;<em> Produire le monde, pour une croissance &eacute;cologique</em> &raquo;, Herv&eacute; Juvin apporte une perspective nouvelle &agrave; l&rsquo;engagement pour l&rsquo;&eacute;cologie. Il le resitue dans une analyse d&eacute;capante de la r&eacute;alit&eacute; &eacute;conomique mondiale et des rapports entre les nations.</span></h2>
<p><span style="font-size: 70%;"><br /></span></p>
<div class="layout">
<div class="tag gr"><a href="http://www.ecoloclic.org/ecobook/1"></a></div>
</div>
<p>Prot&eacute;ger l&rsquo;environnement et les esp&egrave;ces menac&eacute;es sera toujours n&eacute;cessaire, mais nous avons devant nous un nouveau d&eacute;fi qui d&eacute;passe celui de l&rsquo;&eacute;cologie telle qu&rsquo;on l&rsquo;entend aujourd&rsquo;hui : d&eacute;velopper une &eacute;conomie qui maintienne de la croissance sans aggraver l&rsquo;&eacute;puisement d&rsquo;une nature d&eacute;j&agrave; insuffisante. Si nous ne le relevons pas tr&egrave;s vite, il n&rsquo;y aura bient&ocirc;t plus grand-chose &agrave; prot&eacute;ger.</p>
<p>Le mod&egrave;le &eacute;conomique occidental se base sur une croissance sans fin, pour un enrichissement de plus en plus grand des populations qui y participent. Dans un monde fini, dans lequel les ressources premi&egrave;res commencent &agrave; manquer, cette attitude &agrave; elle seule nous am&egrave;ne droit dans le mur.</p>
<p>Mais nous avons aussi convaincu le reste de la plan&egrave;te de l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de notre mod&egrave;le &eacute;conomique. Les &laquo; bons &eacute;l&egrave;ves &raquo; comme la Chine, l&rsquo;Inde, la Russie, le Mexique, le Vietnam et une bonne douzaine d&rsquo;autres pays vont g&eacute;n&eacute;rer d&rsquo;ici &agrave; une dizaine d&rsquo;ann&eacute;es une nouvelle classe de consommateurs qui comptera entre un milliard et demi et deux milliards d&rsquo;individus environ. Dans le m&ecirc;me temps, l&rsquo;Afrique &ndash; dont la population devrait tripler au cours du prochain si&egrave;cle &ndash; est elle aussi s&eacute;duite par notre mod&egrave;le, mais comme elle n&rsquo;a pas les moyens de nourrir ses enfants, elle va nous les envoyer.</p>
<p>En un mot il n&rsquo;y en aura pas assez pour tout le monde. Et ceux qui croient que la Chine, l&rsquo;Inde ou la Russie vont renoncer &agrave; la croissance pour polluer moins prennent leurs d&eacute;sirs pour des r&eacute;alit&eacute;s. Il n&rsquo;y a plus de croissance z&eacute;ro envisageable, &agrave; moins de d&eacute;cha&icirc;ner contre nous une violence d&rsquo;envergure plan&eacute;taire, li&eacute;e &agrave; la frustration et au ressentiment &eacute;prouv&eacute;s par ces milliards d&rsquo;individus &agrave; qui l&rsquo;on annoncerait que la promesse du bonheur mat&eacute;riel ne vaut pas pour eux.</p>
<p>L&rsquo;urgence est donc d&rsquo;am&eacute;nager notre mod&egrave;le &eacute;conomique de mani&egrave;re &agrave; ce qu&rsquo;il cesse d&rsquo;&ecirc;tre le produit d&eacute;lirant du croisement entre jusqu&rsquo;au-boutisme et je-m&rsquo;en-foutisme.&nbsp; Pour les pays &eacute;mergents comme pour les n&ocirc;tres. Nous devons commencer &agrave; mesurer et &agrave; compter ce que nous n&rsquo;avons jamais pris la peine de compter ou de mesurer : la valeur de l&rsquo;eau, le co&ucirc;t de remplacement, le co&ucirc;t des externalit&eacute;s n&eacute;gatives que nos activit&eacute;s imposent &agrave; l&rsquo;environnement. Cela veut dire un nouveau syst&egrave;me de prix, une fiscalit&eacute; nouvelle, pour l&rsquo;entreprise, pour les collectivit&eacute;s, pour l&rsquo;individu.</p>
<p><em>&laquo; Nous ne survivrons pas</em>, &eacute;crit Herv&eacute; Juvin, <em>que nous ne l&rsquo;ayons voulu que nous n&rsquo;en ayons pris les moyens et que nous n&rsquo;en ayons assum&eacute; les moyens et ce qui les rend efficace </em>&raquo;. Une course de vitesse est engag&eacute;e, entre la croissance mondiale destructrice que nous connaissons actuellement et le d&eacute;veloppement et la mise en place &ndash; en France comme ailleurs &ndash; d&rsquo;une croissance p&eacute;renne, qui assume la &laquo; production &raquo; d&rsquo;un monde viable sans abuser de la plan&egrave;te telle qu&rsquo;elle est. Pour l&rsquo;auteur &laquo; <em>Tous les moyens techniques, pour produire autrement, se nourrir, se chauffer, habiter autrement, existent &raquo;</em>.</p>
<p><span class="full-image-block ssNonEditable"><img src="http://amcarron.net/storage/produire_monde2.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1227476934784" alt="" /></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Nous savions d&eacute;j&agrave; qu&rsquo;aucune soci&eacute;t&eacute; aujourd&rsquo;hui ne pouvait faire l&rsquo;&eacute;conomie de l&rsquo;&eacute;cologie. La th&egrave;se d&rsquo;Herv&eacute; Juvin, c&rsquo;est que nous ne pouvons pas davantage nous dispenser d&rsquo;une &eacute;cologie de l&rsquo;&eacute;conomie.</p>]]></content:encoded></rss:item><rss:item rdf:about="http://amcarron.net/blog/2008/11/16/au-lac.html"><rss:title>Au lac</rss:title><rss:link>http://amcarron.net/blog/2008/11/16/au-lac.html</rss:link><dc:creator>Alain-Marie Carron</dc:creator><dc:date>2008-11-16T23:48:54Z</dc:date><dc:subject>Images</dc:subject><content:encoded><![CDATA[<p><span class="full-image-block ssNonEditable"><span><img src="http://amcarron.net/storage/au_lac2.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1226879402765" alt="" /></span></span></p>
<p>&nbsp;</p>]]></content:encoded></rss:item><rss:item rdf:about="http://amcarron.net/blog/2008/11/16/jardins-dhiver.html"><rss:title>Jardins d'hiver</rss:title><rss:link>http://amcarron.net/blog/2008/11/16/jardins-dhiver.html</rss:link><dc:creator>Alain-Marie Carron</dc:creator><dc:date>2008-11-16T21:55:52Z</dc:date><dc:subject>Ecritures</dc:subject><content:encoded><![CDATA[<p>Le printemps nous fait courir aux jardins, c'est s&ucirc;r.&nbsp; &Agrave; l'approche de l'hiver, r&ecirc;ver de jardins est plut&ocirc;t une mesure contracyclique, propre &agrave; faire remonter l'indice d'optimisme. En tout temps,&nbsp; une promenade, m&ecirc;me virtuelle, en ses jardins, satisfait le besoin d&rsquo;&eacute;chapper au d&eacute;senchantement d'un monde noirci de haines et de coups tordus. Jardins et parcs sont n&eacute;gation de la guerre. Ils participent d'un d&eacute;sir de s&eacute;r&eacute;nit&eacute;, d'un pari sur la paix, constituent un &eacute;tat - un Etat - o&ugrave; l'homme&nbsp; dispose d'assez de temps et d'espace pour dessiner son rapport &agrave; la nature.<br /><br />En Europe, le jardin demeure un genre mineur et non un support mystique, comme dans le cas des jardins zen. Plut&ocirc;t un spectacle que l'on se donne, une pi&egrave;ce qui se joue au pas du promeneur, pour l&rsquo;&eacute;tendue et la dur&eacute;e de son regard. Peut-&ecirc;tre faut-il pour penser &agrave; jardiner&nbsp; vivre par privil&egrave;ge dans une nature domestiqu&eacute;e. Ce qui n'est pas donn&eacute; &agrave; tous les peuples; elle est, pour certains d'entre eux, trop fam&eacute;lique ou trop vaste et terrible.<br /><br />Le jardinier mesure son &eacute;lan et de m&ecirc;me toise la plante et l'arbre. Il soigne et purifie. Sans ses tailles et ses greffes, sans sa pr&eacute;sence, le jardin d&eacute;sert&eacute; d&eacute;p&eacute;rit, ou prolif&egrave;re, ou r&eacute;gresse. Le jardinier travaille avec patience. Il borne sa fantaisie aux limites de son domaine. C'est un r&ecirc;veur m&eacute;thodique et appliqu&eacute;.<br /><br />Le jardin est avec nous depuis l'aube des temps civilis&eacute;s. Le Coran promet <em>&laquo;le jardin des d&eacute;lices&raquo;</em> au croyant.</p>
<p>&laquo;<em>&nbsp;Le seigneur Tout Puissant commen&ccedil;a par planter un jardin&nbsp;&raquo;</em> &eacute;crit Francis Bacon, n&eacute;gligeant de rappeler une gaffe c&eacute;l&egrave;bre de ces temps &eacute;d&eacute;niques, celle d'un homme amoureux croquant une pomme qui lui valut le premier, mais pas le moindre, de ses p&eacute;pins.<br /><br />Heureusement, les po&egrave;tes et les romanciers ne se sont pas arr&ecirc;t&eacute;s &agrave; cette entr&eacute;e en sc&egrave;ne catastrophique. Nature humanis&eacute;e, le jardin est, en litt&eacute;rature, indissociable de l'homme. Pour beaucoup, comme Shakespeare, il en est le symbole : <em>&laquo;&nbsp;Le personnage que nous sommes,</em>&nbsp;&raquo; dit Iago, <em>&laquo;&nbsp;c'est un jardin, et notre volont&eacute; le cultive&nbsp;&raquo;</em>.<br /><br />Dans La Chartreuse de Parme, il se fait parabole du pouvoir. Quelque temps avant les grandes &eacute;preuves, les personnages du livre peuvent encore se livrer &agrave; de fines politiques. Ils lisent en compagnie, pour tirer argument de sa fin, la fable &laquo;&nbsp;Le jardinier et son seigneur&nbsp;&raquo;, laquelle s'ach&egrave;ve ainsi :<em>"De recourir aux rois vous seriez de grands fous. Il ne les faut jamais engager dans vos guerres, ni les faire entrer sur vos terres.&nbsp;&raquo;</em><br /><br />La Fontaine fait penser &agrave; Fouquet, qui n'aurait peut-&ecirc;tre pas commis l'imprudence de recevoir Louis XIV en ses jardins de Vaux s'il avait m&eacute;dit&eacute; la fable. Mais alors nous aurions &eacute;t&eacute; priv&eacute;s de cette merveilleuse &laquo;&nbsp;<em>El&eacute;gie aux Nymphes de Vaux&nbsp;&raquo;</em>, pr&eacute;texte &agrave; plus d&rsquo;un avis de bonne politique (ainsi le vers : <em>&laquo;&nbsp;Jamais un favori ne borne sa carri&egrave;re&nbsp;&raquo;</em>).<br /><br />Le jardin, dans son appareillage, se pr&ecirc;te &agrave; la mise en sc&egrave;ne des progr&egrave;s de la science et de la technique. Goethe en fait le h&eacute;ros apparent des Affinit&eacute;s &eacute;lectives.<br /><br />On n'en finirait pas de ces passerelles qui surgissent entre jardin et&nbsp; biblioth&egrave;que. Pour rester dans un contexte germanique, pour le plaisir de contrer l'id&eacute;e commune qui veut que les Anglais aient tout dit sur les jardins, finissons cette promenade avec Hugo Von Hofmannsthal et Alexander Von Humboldt.<br /><br />Dans un texte de 1906, Hofmannsthal observe que le jardinier, en plantant, <em>&laquo;&nbsp;&eacute;crira sa biographie muette&nbsp;&raquo;</em>, quelle que soit la taille de son ouvrage. <em>"Il n'importe absolument pas&nbsp;&raquo;</em>, ajoute-t-il, <em>&laquo;&nbsp;qu'un jardin soit grand ou petit. En ce qui concerne ses possibilit&eacute;s de beaut&eacute;, son &eacute;tendue est aussi indiff&eacute;rente qu'il est indiff&eacute;rent qu'un tableau soit grand ou petit, qu'un po&egrave;me est dix ou cent vers.&nbsp;&raquo;</em><br /><br />Humboldt nous fait remonter le temps, tr&egrave;s pr&eacute;cis&eacute;ment jusqu'au 6 ao&ucirc;t 1789. Ce jeune aristocrate venu, selon le mot de son pr&eacute;cepteur, <em>"pour assister aux fun&eacute;railles du despotisme fran&ccedil;ais "</em> consacra prudemment une bonne part de ses notes de voyages non &agrave; la politique mais &agrave; consigner ses observations sur les parcs et jardins de Paris et ses environs.<br /><br />A propos des jardins de Versailles, visit&eacute;s ce jour-l&agrave;, lui revient en m&eacute;moire une anecdote qui, pour n'avoir rien de r&eacute;volutionnaire, n'en est pas moins pertinente plus de deux si&egrave;cles plus tard.<br /><br />Parlant &agrave; Louis XIV de ses plans pour Versailles, Le Nostre entendait le roi lui r&eacute;pondre, &agrave; l'annonce de chaque nouveau projet : <em>"Le Nostre, je vous donne 20 000 Francs"</em>. Et le grand jardinier de r&eacute;pliquer - mais &agrave; la quatri&egrave;me fois seulement : <em>&laquo;&nbsp;Sire, Votre Majest&eacute; n'en saura pas davantage, je la ruinerais.&nbsp;&raquo;</em><br /><br />Munificence d'un roi, assortie &agrave; la m&eacute;galomanie de son jardinier. Il est somme tout moral que le beau et le superflu soient par nature au-dessus de nos moyens.</p>]]></content:encoded></rss:item><rss:item rdf:about="http://amcarron.net/blog/2008/10/21/vendredi-fausse-piste.html"><rss:title>Vendredi, fausse piste</rss:title><rss:link>http://amcarron.net/blog/2008/10/21/vendredi-fausse-piste.html</rss:link><dc:creator>Alain-Marie Carron</dc:creator><dc:date>2008-10-21T23:17:12Z</dc:date><dc:subject>Internet &amp; TI</dc:subject><content:encoded><![CDATA[Je reste perplexe devant cette idée de Jacques Rosselin, le fondateur de Courrier International. Il a entrepris de publier un hebdo de huit pages ( pour 1,5 euro)&nbsp; intitulé Vendredi et censé reprendre les meilleurs contenus publiés sur les blogs.<br><br>Pour ceux qui ne vont pas au théatre on imprime des piéces de théatre. Soit. <br><br>Pour ceux qui ne regardent pas la télévision, on n'imprime rien, parce que la télévision est généralement un média creux et amorphe à partir duquel non ne peut pas tirer grand chose à lire (Publier sur papier le "meilleur" de Desperate Housewives"!)<br><br>J'imagine que ce nouvel hebdo allégé vise ceux qui ne surfent pas sur Internet ou ne veulent pas le faire, ou bien encore ceux qui y vont mais ne savent pas s'en servir.<br><br>Dans ce cas, il s'agit d'une bonne oeuvre en faveur des handicapés légers, et le prix du journal devrait être remboursé par la Sécurité Sociale.<br><br>Parce que voilà plusieurs années qu'existent d'excellents agrégateurs comme <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Netvibes">Netvibe</a>, grâce auxquels vous pouvez placer sur une page toutes les bonnes sources d'info découvertes sur le Net et voir chaque jour ce qu'il y a de nouveaux dans chacune d'elle. Le fil RSS est une trés belle invention du Web 2.0; il faut s'en servir.<br><br>Les inventeurs de Vendred pourront soutenir que eux font travailler cinq journalistes sur une centaine de sources; beaucoup plus et mieux que ce que peut faire une personne seule.<br><br>Plus, ce n'est pas sûr. Si vous fréquentez le Web depuis quelques années, vous avez entendu parler d'à peu prés tout ce qui compte sur lInternet, vous avez été voir, fait votre choix et éliminé le reste. <br><br>Les cinq clampins qui épluchent la blogosphère pour Vendredi vont bien sortir une petite trouvaille chaque semaine, c'est un minimum. Je ne crois pas que l'on se déplace chez un kiosquier pour une "petite trouvaille" à 1 euro 50. <br><br>D'ailleurs, il n'y pas de génies méconnus sur le Web; les "bons coups" font le tour de la planète en 10 minutes. Le concept même de la perle que personn n'a repérée et que Vendredi vous apporte ne me paraît pas solide.<br><br>Faire mieux que l'individu qui surfe pour lui-même est difficile. Comment nos 5 mousquetaires sauraient-ils ce que je recherche et éviteront-ils de me faire perdre mon temps? Feuilletez n'importe quel quotidien: vous en retenez un ou deux articles, lisez deux ou trois chapeaux d'articles et sautez par dessus tout le reste. Soit 80% du journal. On ne peut pas plaire à tous avec un choix restreint, sauf à découvrir un Mozart et un Charlie Chaplin chaque semaine. Le choix réduit qui plaît à (presque) tous s'appelle Rocky IV ou Schrek 12... Le choix élargi qui plaît au plus grand nombre est un magasin Wall Mart avec 12 000 références sur son plancher.<br><br>Tout cela me paraît être une problématique dépassée. Avec les moteurs de recherche, les agrégateurs et les sites d'information (il y en a autant qu'il y a de goûts dans la nature) qui compilent le Net 24 heures sur 24, la blaque cocasse comme l'éditorial incendiaire ne passent pas inaperçus.<br><br>
Le site de <a target="_blank" href="http://www.vendredi.info/">Vendredi</a> annonce les articles qu'il a tiré du Web... mais on ne peut pas cliquer dessus pour les lire... sur le Web. Peut-être pour nous inciter à acheter l'hebdo? Cependant le site donne le titre du blog dont est extrait l'article que publiera Vendredi. <br><br>Vous préférerez attendre Vendredi ou allez sur le blog en question aujourd'hui même?<br><br>]]></content:encoded></rss:item><rss:item rdf:about="http://amcarron.net/blog/2008/10/17/acceleration-technologique.html"><rss:title>Accélération technologique</rss:title><rss:link>http://amcarron.net/blog/2008/10/17/acceleration-technologique.html</rss:link><dc:creator>Alain-Marie Carron</dc:creator><dc:date>2008-10-17T22:36:10Z</dc:date><dc:subject>Internet &amp; TI</dc:subject><content:encoded><![CDATA[<p><span class="full-image-block"><span><img  src="http://amcarron.net/storage/harddisk.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1224283095533"></span></span></p>«&nbsp;Les informations traitées et stockées sont passées en moins de trente ans, à la fin du XXe siècle, d’une représentation «&nbsp;tout analogique&nbsp;» propre à chaque média, à un codage «&nbsp;tout numérique&nbsp;» indépendant du média.<br><br>La règle à calcul analogique inventée en 1622 a été remplacée par la calculette numérique en 1975, le disque 33 tours analogique par le compact disc numérique en 1982. <br><br>En 1998, il s’est vendu, pour la première foi dans le monde, plus de téléphones mobiles, ôu le son est numérisé de bout en&nbsp; bout, que de téléphones fixes analogiques. La télévision numérique qui s’impose actuellement sur le câble et le satellite, a fait ses débuts en diffusion terrestre en novembre 1998 aux Etats-Unis. L’arrêt total des émissions analogiques est programmée aux alentours de 2010. <br><br>L’appareil photo nuérique grand publique a éliminé en quelques années, depuis 2000, son ancêtre analogique argentique.<br><br>Cette transformation radicale a été provoquée par les progrès dans les technologies de compression et par la réduction des coûts des systèmes de stockage. Une capacité de stockage d’un tera-octet (1012 caractères) que seules les grandes entreprises pouvaient s’offrir il y a quinze ans, est disponible aujourd’hui pour quelques centaine de dollars sur un ordinateur portable. <br><br>En 2007, le coût de stockage de documents sur disque magnétique est 10 000 fois inférieur à celui du coût de stockage sur papier.&nbsp;»<br><br>Extrait de : Jean- Paul Figer (Cap Gemini), L’évolution de l’informatique, dans <a href="http://amcarron.net/storage/mondialisation_imatrielle.pdf">La Mondialisation immatérielle</a>. Rapport rédigé par le Conseil d’analyse économique, sous la direction de Daniel Cohen et Thierry Verdier.<br><br>]]></content:encoded></rss:item><rss:item rdf:about="http://amcarron.net/blog/2008/10/13/les-effets-du-credit-crunch-vu-par-le-monde.html"><rss:title>Les effets du credit crunch vu par Le Monde</rss:title><rss:link>http://amcarron.net/blog/2008/10/13/les-effets-du-credit-crunch-vu-par-le-monde.html</rss:link><dc:creator>Alain-Marie Carron</dc:creator><dc:date>2008-10-13T14:24:41Z</dc:date><dc:subject>Economie/Management</dc:subject><content:encoded><![CDATA[<br><p>Vu sur le site du journal <a target="_blank" href="http://www.lemonde.fr/web/infog/0,47-0@2-1101386,54-1106347,0.html#xtor=EPR-32280154">Le Monde.</a></p><p><span class="full-image-block"><span><img  src="http://amcarron.net/storage/graphcrise2.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1223908963225"></span></span></p><p><a target="_blank" href="http://www.lemonde.fr/web/infog/0,47-0@2-1101386,54-1106347,0.html#xtor=EPR-32280154"></a></p>]]></content:encoded></rss:item><rss:item rdf:about="http://amcarron.net/blog/2008/10/10/paysage-de-montagne.html"><rss:title>Paysage de montagne</rss:title><rss:link>http://amcarron.net/blog/2008/10/10/paysage-de-montagne.html</rss:link><dc:creator>Alain-Marie Carron</dc:creator><dc:date>2008-10-10T02:51:51Z</dc:date><dc:subject></dc:subject><content:encoded><![CDATA[<br><p>Un extraordinaire phtographe, <a href="http://www.dimachatrov.com/">Dima Chatrov</a></p><p><a href="http://www.dimachatrov.com/"><span class="full-image-block"><span><img  src="http://amcarron.net/storage/Dima%20Chatrov.%20paysage%20montagne.jpg?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1223607330214"></span></span></a></p><p>&nbsp;</p>]]></content:encoded></rss:item></rdf:RDF>